2010
Oublier un moment le courant de l'Histoire pour se laisser porter par celui des hasards, guidé par le fil intérieur de l'esprit de la photographie documentaire initié par Walker Evans. Laisser de nombreux cadavres sur les bas côtés, dont l'iconographie du journalisme d'actualité ou de l'illustration géographique, et les délires de l'imaginaire, seul comptant le croisement de cette Amérique de « l'after. »
De l'after Bush dans la lignée directe de J.F.K qui prophétisait déjà une autre Amérique dans ce train photographié par Paul fusco qui ramenait sa dépouille de Dallas à Washington; train retrouvé quarante plus tard par Nina Berman, triomphal cette fois ci et emmenant Obama vers la victoire. Nina Berman qui s'inspirait du regard engagé de Fusco, prémices à une nouvelle vison documentaire. Celle de l'After Evans et Lange qui donnait le point de départ où tout un courant de Lorca di Corccia, à Paul Graham et tous les protagonistes de ce livre allaient s'engouffrer.
De l'After troisième millénaire qui ne verra plus l'Amérique aussi puissante et conquérante qu'elle l'avait été durant le siècle précédent , mise à l'éteignoir par les puissantes économiques et humaines émergentes de l'Est que sont la Chine et l'Inde.
Cette Amérique de l'After qu'avait anticipé Henri Miller avec son cauchemar climatisé qui doit apprendre l'humilité des grandes puissances sur le retour, et dont même les projets de conquête de l'espace ne font plus rêver, après les désastres du 11 septembre, de Katrina , des incendies de la côte Ouest et de la récente pollution du golfe du Mexique.
US Today trouve aujourd'hui les limites à son rêve de frontière sans fin. La limite de cet hyper-capitalisme désormais fragilisé par les ambitions inconséquentes des jeux des financiers et de l'illusion de l'argent sans prix. Et la photographie son fidèle costume un peu élimé comme celui des Macadam Cow boys en perdition en rend compte derrière les masques de « paparazzi » de Jessica Dimmock ou de « Epidemic » de Jonathan Torgovnik.