L’obsolète inversé, Olivier Metzger

« Lorsque je laisse mes yeux se livrer à la curiosité interrogative qui baigne les photographies d’Olivier Metzger, je pense fréquemment à l’insistance qu’il met à dérouter toute lecture hâtive de son travail. Nous ne sommes pas ici en présence d’un nouvel exemple de fascination masochiste devant les réalités tangibles de la « déshumanisation ». Dans le champ de la création contemporaine, les oeuvres ne manquent pas qui dressent avec une élégance de glace le tableau grandiose (froid certes mais grandiose) de notre monde globalisé. Stupeur des immensités suburbaines, aménagement obsessionnel et férocement velouté des bureaux,  élégance suffocante des technopoles et des échangeurs, murailles de marchandises et d’écrans à cristaux liquides, innervation cérébro-spinale croissante par les réseaux : de ce lexique afférent à une post modernité fin-de-siècle, une certaine photographie se réclamant de l’impersonnalité documentaire a fini par faire naître un académisme - et de cette banalité du frontal devenu décoration, il est à présent impossible de dire où s’arrête le constat sans parti-pris, où commence la complicité avec l’ordre des choses, nommément le capitalisme triomphant. D’autres pratiques visuelles moins grandiloquentes cherchent à crever ces surfaces trop parfaites. Elles s’attardent sur les failles. La scrutation d’Olivier Metzger est de celles-là». 

Extrait d’un texte rédigé par Arnaud Claass/ catalogue du Chateau d’Eau, Toulouse. 

Du 9 septembre au 10 octobre 2005







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