Il y a cinq éléments dans la métaphysique chinoise que l’on retrouve toujours fidèlement servis par le travail d’Eric Dessert. Dans son oeuvre, la recherche de la tradition ne s’apparente pas pour autant à un quelconque sentiment de nostalgie pour un paradis perdu, bien qu’elle puisse y faire penser. Lui même est un être nostalgique. Il ne cherche pas à s'en défendre, bien au contraire. Elle agirait plutôt comme le moteur de tous les instants de sa vie. La présence singulière de ces cinq éléments: l'eau, le feu, la terre, le bois et le métal constitue la matière brute, la source originelle dans laquelle il puise depuis toujours les signes intemporelles de sa vision du monde.
Eric Dessert s’est rendu dans la province reculée du Ghizou qui semble être au cœur d' une civilisation intangible. Cette province parait bien dérisoire et anachronique au regard de Pékin où Shanghai en pleine effervescence. Et pourtant, c’est elle qui rappelle la vraie Chine. Celle de l’empire du milieu, de la sagesse de Lao Tseu et du Yi King dont l’humanité a plus que jamais soif. Le tao est éternel et ne dépend ni des modes, ni des époques, ni des tendances. Il est l’essence mystérieuse et indéfinissable de la vie.
Projet photographique réalisé avec le concours de la Ville de Lyon et de Culturesfrance
En partenariat avec la Galerie Camera Obscura, Paris