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Cécile Cuny, Nathalie Mohadjer, Hortense Soichet

Exposition du 30 septembre au 03 décembre 2022

Vernissage le jeudi 29 septembre à 18h30

Conférence de presse à 16h30

Visites commentées gratuites les vendredis et samedis à 17h. 
Réservation obligatoire pour les groupes – administration@lebleuduciel.net

Hortense-Soichet-itinéraire-avec-Weheb-2018
© Hortense Soichet, Itinéraire avec Weheb, 2018

On n'est pas des robots: ouvrières et ouvriers de la logistique

Non, Nous ne sommes pas des robots !

Les travaux de Cécile Cuny, Nathalie Mohadjer et d’Hortense Soichet sur les ouvrières et ouvriers de la logistique, illustrent à merveille la notion de « Nouveau documentaire » défendue par le Bleu du ciel depuis deux décennies. Ces trois artistes ayant su créer un lien étroit entre la photographie et les sciences sociales, en basant leur approche esthétique et sociologique sur des constats et enquêtes de différents chercheurs, ceci dans plusieurs territoires de France et d’Allemagne. Notre époque voit apparaître dans certains pays d’Europe, une nouvelle classe ouvrière représentant 10% à 20% des emplois des travailleurs, sectorisés dans des cases telles que : manutentionnaires, caristes, magasiniers, agents de réceptions, livreurs… Tous localisés dans les périphéries des grandes agglomérations.

Ces trois femmes de combat, poussées par la volonté de rendre compte de l’importance de cette catégorie de la population travailleuse, ont réalisé un constat passionnant et édifiant, chacune suivant son propre itinéraire et ses propres penchants artistiques.Cette exposition, dont le titre « On n’est pas des robots »  est sorti de son contexte initial d’exercice de vérification numérique, nous ramène à la dimension humaine de ces travailleurs anonymes, souvent invisibles ; dénonçant au passage, la précarité de leurs emplois. 

Sa réelle portée informative ne doit pas être assimilée à une simple enquête journalistique, car elle possède le mérite du recul et de la réflexion dans le temps, et ce, grâce aux regards affûtés portés sur les pratiques de ces travailleurs anonymes, souvent invisibles ; accompagnés dans l’espace monstratif de légendes concises permettant au public d’être guidé dans la compréhension et le ressenti des nouvelles réalités de notre époque en ébullition.

Nous qui sommes souvent en attente de « colis amazoniens », rappelons-nous un instant qui est derrière ? Car non, nous ne sommes pas des robots non plus…

Gilles Verneret

© WORKLOG Umberto (St-Jean-le-Blanc, agglomération d’Orléans), Diaporama (extrait), 3 minutes, Cécile Cuny, 2018
© Worklog, Itinéraire avec Manuella, région parisienne, Hortense Soichet, 2018

La logistique consiste à organiser l’entreposage et le transport des matières premières, des composants pour l’industrie et des marchandises depuis leurs lieux de fabrication jusqu’à leurs lieux de consommation. L’image du « flux tendu » et les promesses de sa digitalisation présentent cette activité comme un écoulement continu et auto-régulé de marchandises. Or les entrepôts constituent des points de passages obligés pour pouvoir contrôler, stocker, dégrouper, préparer et réexpédier les marchandises vers leur destination finale. Ces activités sont effectuées par des agents de tri, caristes, agents d’expédition, agents de réception, manutentionnaires, magasiniers ou pickers. Ces métiers représentent 13 % des emplois ouvriers en France, 17 % en Allemagne. Ils sont principalement localisés dans des zones logistiques, à la périphérie des grandes agglomérations.

© Nathalie Mohadjer, DIETZEN BACH NORD, une lecture intime de l'espace de la zone Dietzenbach Nord Francfort, montrant le contraste entre ce non-lieu et intimité, épreuve encadrée, 49*43cm, 2017
© Nathalie Mohadjer, DIETZEN BACH NORD, une lecture intime de l'espace de la zone Dietzenbach Nord Francfort, montrant le contraste entre ce non-lieu et intimité, épreuve encadrée, 49*43cm, 2017

Souvent décriées pour leurs pollutions environnementales, les zones logistiques sont l’œuvre d’acteurs concrets. Des années 1970 aux années 1990, les implantations logistiques ont majoritairement lieu au sein de zones industrielles préexistantes. Les terrains, acquis et réhabilités par des sociétés d’aménagement publiques, sont disponibles pour tout type d’implantation d’entreprises. Le rôle des autorités municipales se limite à la signature des permis de construire. Durant les années 1990, émerge un marché immobilier dominé par de grandes firmes internationales (Prologis, Global Logistic Properties, Goodman, Segro). Ces firmes développent et gèrent des zones logistiques de plusieurs entrepôts, totalement privées et closes, dont ils sont les seuls responsables : de la construction des bâtiments à l’aménagement en passant par la gestion quotidienne.

C’est précisément sur ces nouveaux lieux du travail ouvrier et sur les mondes sociaux qui se déploient à partir d’eux que porte l’enquête présentée dans cette exposition.  

On n'est pas des robots

Cécile Cuny, Nathalie Mohadjer, Hortense Soichet

Exposition du 30 septembre au 03 décembre 2022

Commissariat : Gilles Verneret

Le travail photographique présenté dans cette exposition a été réalisé avec la collaboration des chercheurs Clément Barbier, David Gaborieau, Gwendal Simon et Nicolas Raimbault. 

Cette exposition est coproduite par la Maison de la photographie Robert Doisneau, le laboratoire d’urbanisme de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et le GRAPh-CMi de Carcassonne.

Elle a bénéficié du soutien de l’agence nationale de la recherche (ANR), d’initiative-science, innovation, territoire (I-Site) Future et du laboratoire d’excellence (Labex) futurs urbains.

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