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Eric Rondepierre

Vendredi 14 janvier 2022 à 18h30

Rencontre-Signature avec Eric Rondepierre (artiste) qui présentera et signera son dernier ouvrage “La Maison cruelle“.

En partenariat avec la librairie Descours

© Eric Rondepierre, Loupe/dormeurs, Livre n°8, 1999-2002
© Eric Rondepierre, Loupe/dormeurs, Livre n°8, 1999-2002

Pour le premier Café Photographique de l’année 2022, Eric Rondepierre présentera en exclusivité son nouveau livre “La Maison cruelle“, paru début janvier 2022 aux Editions Mettray.

Cet ouvrage important et inclassable (ni essai, ni fiction, ni histoire), s’inscrit dans la voie ouverte par “Surveiller et punir“ de Michel Foucault et constitue un maillon important dans l’œuvre de l’artiste qui a toujours pratiqué un anti-regard.

En se réappropriant les textes de l’époque, il dresse un portrait vibrant, documenté et édifiant des maisons de correction depuis le XVIe siècle et, pour les mineurs, de celles du XIXe et XXe siècle — confirmant que nos sociétés libérales démocratiques, en voulant propager le Bien, ont engendré pour les enfants des tragédies personnelles et collectives que nous conte “La Maison cruelle“.

Dans une époque où MeToo# dénonce les féminicides et les violences sexuelles, on comprend avec ce livre capital que les enfants sont également des victimes des sociétés patriarcales, mais cette fois-ci dissimulés dans les recoins de l’Histoire. A cet égard, la prison de la Petite Roquette, construite au début du XIXe siècle, est l’exemple dramatique des violences faites aux enfants. La correction entraînant la discipline, le châtiment, la solitude de l’incarcération cellulaire, les travaux forcés, la privation de nourriture et même la mort.

Eric Rondepierre nous révèle ces abominations avec le recul du regard contre-historique qui nous permettra aussi de réfléchir à la situation de centaines de milliers d’enfants placés dans des foyers et des familles d’accueil dans la France d’aujourd’hui, et d’intégrer une fois pour toutes que la pauvreté est majoritairement la cause de ces placements et la conséquence de l’acharnement des classes dominantes sur les plus faibles.

Gilles Verneret

© Eric Rondepierre, Exédents, Le voyeur (plan de coupe), 1989

La Maison cruelle, Ed. Mettray, 2022

Le Docteur Darin, dans sa thèse de médecine de 1863, affirmait : “La Roquette n’a point d’analogue sur terre”. Le caractère exceptionnel de la “Maison correctionnelle” de la Petite-Roquette avait frappé les esprits. Comment une prison d’enfants (âgés de 7 à 21 ans) soumis au régime d’isolement total — régime condamné partout ailleurs — a pu fonctionner pendant presque un siècle (1835-1930) dans la partie des Droits de l’Homme ? Pour Eric Rondepierre, l’énigme reste entière. Son caractère d’icône paradoxal — à la fois exception et modèle, exemple et repoussoir — a retenu son attention.

Au gré de promenades au cœur de Paris (plaque, statue, tombe, monument) ou parmi les textes qui ont pensé, décrit , lutté pour ou contre la Petite-Roquette, avec les auteurs, les lois, les hommes de pouvoir qui, au fil des siècles, l’ont rendue possible, c’est tout un matériel de seconde main que l’auteur met à notre disposition. Il en raconte les origines, l’histoire, le fonctionnement, la vie quotidienne, aussi bien que les idées qui nourrissent le régime cellulaire, les débats qu’il a suscité, en le replaçant dans le contexte particulier de la réforme pénitentiaire du XIXe siècle et ses retombées jusqu’à la justice des mineurs d’aujourd’hui.

Ni travail d’historien, ni étude universitaire, ce livre dense, informé, est écrit à la première personne par un artiste qui découpe et agence librement la trame des faits, des dates, des idées, des personnages, des conduites, des anecdotes, des références littéraires ou religieuses. Dans le sillage de la Petite-Roquette, d’autres établissements carcéraux pour enfants et adolescents sont nés depuis, et donnent à ce livre un écho particulier.

Il est notoire qu’en France, si les “maisons de corrections” ont disparu, on enferme de plus en plus les mineurs ; c’est un sujet brûlant*. Le Livre d’Eric Rondepierre est le seul, à ce jour, qui soit consacré à la “Maison des jeunes détenus” détruite en 1974.

© Eric Rondepierre, Parties communes, Rixe, 2005-2007

Eric Rondepierre

Vendredi 14 janvier 2022 à partir de 18h30

Rencontre-Signature avec Eric Rondepierre (artiste), en dialogue avec Gilles Verneret (Directeur Artistique du Bleu du Ciel).

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