Il est inclassable et donc libre, comme il le veut vraiment, profondément. Ce qui le rend également disponible à des aventures, des expériences - de la vie comme de la photographie - qui sont une manière intime (mais révélée aux autres sans impudeur mais sans censure) de chercher qui il est tout en essayant de savoir chaque jour un peu plus ce qu'est cette photographie qu'il utilise et qui s'est emparée de lui. Il a été photographe pour des journaux, quotidiens ou magazines, sans mépriser cela ni sans le prendre au sérieux, il a beaucoup voyagé sans vrai projet précis, au rythme des hasards de la vie et des rencontres, de la nécessité d'aller voir et de garder trace, sans en faire un récit, ni vraiment un témoignage, plutôt une mise en forme d'impressions. Il a questionné le voyeurisme et le sexe, la drogue et la dérive, la ville entre déshumanisation, indifférence des humains entre eux et violence, sourde ou bien réelle. Il n'a pas voulu se figer dans une esthétique, mais il s'interroge sans cesse sur le sens que prennent les choses en fonction de la forme qu’on leur donne. Il convoque les mots et les lie aux images, dessine des territoires par nécessité plutôt que de façon délibérée. De l'imprimé au mur des galeries ou des Musées, il suit simplement son chemin. Sans certitude. Comme un besoin de continuer à échanger à défaut de savoir vraiment. Pour sa première venue au Cambodge, il va découvrir le marché O'russey. ( Christian Caujole)