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Les 55 Jours de Pékin ou l'art du confinement

Caroline Bach
Fabienne Ballandras
Emmanuelle Coqueray
Thierry Girard
Arno Gisinger
Pascal Hausherr
Guillaume Janot
Karim Kal
Amandine Mohammed Delaporte Jurgen Nefzger
Silvana Reggiardo
Jacqueline Salmon

Exposition du 02 octobre au 28 novembre 2020

© L'issue 46, Karim Kal, 2020
© L'issue 46, Karim Kal, 2020

Les 55 jours de Pékin ou l’art du confinement

Le Bleu du ciel a vingt ans d’existence cette année. Et pour l’occasion nous présentons à la rentrée deux expositions anniversaires consécutives qui rendront compte de l’esprit qui a animé la programmation tout au long de ces années, esprit synthétisé dans le concept de « l’état du monde ». 

Ce qui importe aujourd’hui dans la photographie à tendance documentaire est de tracer un portrait artistique en interaction avec les évènements qui agitent la société. L’auteur·rice photographe est devenu·e sociétal·e. Il·elle doit imprimer sa subjectivité créatrice sur le constat qu’il·elle fait du monde environnant. Artiste « concerné·e », il·elle a le devoir de se transformer en « lanceur·se d’alertes d’art », en renouvelant les formes porteuses de sens et de compréhension. Des formes qui auront d’autant plus de force sur l’esprit du spectateur, qu’elles l’interrogeront aussi sur le médium et sur son pouvoir esthétique. Cette approche marquant la différence fondamentale avec la photo de reportage, qui ne relève pas de la créativité mais de l’information.

« Les 55 jours de Pékin ou l’art du confinement ». Pour ce premier volet, nous avons demandé à des artistes ayant déjà travaillé au Bleu du ciel de faire part de leur réflexion, développées pendant ces 55 jours de confinement en France du 17 mars au 11 mai.

Le parallèle a donc été immédiatement opéré avec ces « 55 jours » évoqué par le film de 1963 de Nicolas Ray, qui traitait de la révolte des Boxers chinois en 1900. Ces nationalistes voulaient expulser tous les étrangers et leurs délégations regroupées au sein du Quartier des légations. Ils firent alors un siège qui dura 55 jours. Les délégations étrangères l’emportèrent à l’issue du conflit. Ce ne fut que partie remise – pour vaincre l’hégémonie des puissances occidentales et japonaises – avec la proclamation de la république de Chine en 1912.
Aujourd’hui la Chine moderne est en passe de devenir la première puissance économique mondiale, et lutte habilement avec les USA pour les devancer.
L’épisode de la Covid-19 parti de Wuhan en décembre 2019 illustre la prise de conscience des nations du monde entier envers cette nouvelle hégémonie et dépendance à l’énorme puissance industrielle, financière et économique de ce pays, le plus peuplé de la planète. De nombreux chefs d’état n’ont pas manqué de lui faire le reproche de la responsabilité du départ de la pandémie.

Le parallèle est fait avec l’art de l’image du cinéma hollywoodien. Nous n’avons pas manqué d’en faire un second avec celui de la pratique solitaire de l’artiste, qui à sa façon vit une forme de confinement choisi, car il·elle créée seul·e… comme on meurt seul·e…

Quatorze artistes ont été contacté·e·s, douze ont répondu présent·e·s – dans la parité – ayant eu pendant cette période une activité souvent redoublée, dans tous les cas réfléchis, voire mise en chantier dans un moment de consultation de leur parcours. 
Certain·e·s ont fait des images en respectant la distance d’un kilomètre autour de leur domicile comme Salmon, Bach, Reggiardo, Haussherr, Kal. D’autres ont travaillé sur leurs archives numériques à savoir Coqueray, Nefzger et Janot, ce dernier – habitant entre Pékin et Lyon et présentant cette ubiquité – a permis de faire le lien avec l’approche fictionnelle. Gisinger, Ballandras, Mohamed Delaporte ont pour leur part produit des œuvres originales ou réfléchi sur la notion de confinement. Pour finir Girard a écrit sur et autour de son travail. Tou·te·s ont fait preuve de fécondité créative, soit dans l’action soit dans la réflexion et le recul, illustrant parfaitement l’adage second initié par notre commissariat de « l’art du confinement ».

Si cette exposition présente une sorte de bilan rétrospectif pour chacun·e des artistes, à propos de leurs travaux en général ou de leur approche de l’image en particulier, elle constitue aussi pour le Bleu du Ciel une forme de bilan sur les formes documentaires exposées depuis vingt ans, ceci en direction de son public.
Le temps est venu où l’image contemporaine ne peut plus se replier sur elle-même – dans une approche esthétisante d’ « art pour l’art » – mais s’ouvrir sur une interaction avec d’autres moyens d’expression : vidéos, dessins, estampes, sculptures, documents brut sonores, performances, couplés à d’autres disciplines intellectuelles : l’histoire, l’anthropologie, la philosophie, la sociologie etc…  Toutes praxis en prise directe avec l’état du monde actuel et à venir.

Gilles Verneret 

Les 55 Jours de Pékin
ou l'art du confinement

Caroline Bach
Fabienne Ballandras
Emmanuelle Coqueray
Thierry Girard
Arno Gisinger
Pascal Hausherr
Guillaume Janot
Karim Kal
Amandine Mohammed Delaporte Jurgen Nefzger
Silvana Reggiardo
Jacqueline Salmon

Exposition du 02 octobre au 21 novembre 2020

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