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le Bleu du ciel — Centre de photographie contemporaine

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Centre
de
photographie
contemporaine









“Alain Desvergnes”


“Weegee the Famous”




Exposition 24 Avril - 21 Juin 2014
Vernissage jeudi 24 Avril 2014 - à partir de 18h30


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Alain Desvergnes



"Yoknapatawpha, le comté de Faulkner, 1963-65"




…J’étais venu au Mississippi pour rencontrer Faulkner car après avoir lu en 1955, le premier de ses romans Le bruit et la fureur, j’ai tout de suite voulu aller voir ce lys si différent de l’Amérique que je croyais connaître et parler à son auteur. Alain Resnais m’apporte une parfaite formulation de cet attrait : quand on lui demandait pourquoi il aimait les «herbes folles», il répondait: «Parce que j’aime la réalité quand elle est un peu décalée».


Les personnages et le comté mythique de Faulkner m’avaient laissé une image d’herbes folles, cette impression d’austérité simple et sauvage qui cherche un perfectionnement spirituel tout en sachant que c’est improbable. Faulkner ajoutait : «we endure», nous résistons.


/…/ En 1958 Faulkner écrivait : « Nous acceptons l’insulte et le risque de la violence parce que nous ne voulons pas voir, sans rien dire, notre pays natal, le Sud, pas simplement le Mississippi, mais le Sud tout entier, se détruire lui même, deux fois en moins d’un siècle, à propos du problème noir ». En moins d’une décennie, dans les années soixante, Martin Luther King, Edgar Evers ont été assassinés à Memphis et à Jackson. J.F. Kennedy a été assassiné au Texas mais quarante ans plus tard, Obama a été élu président du pays. Faulkner serait heureux de voir que, apparemment, ses compatriotes n’ont plus peur du noir. Quand je me promenais dans ses romans et parcourais les terres où ses personnages allaient et venaient, c’est à dire dans les champs de coton, les carnavals Noirs, les églises Noires, les garages des Noirs (on les appelait des « shade tree mechanics »), j’étais comme dans une fête qui ne s’organisait pas, mais ne s’arrêtait jamais, une fête où Noirs et Blancs se côtoyaient sans trop se voir.


/…/ ce voyage pendant des mois à travers tout le Mississipi devait être initiatique à un double point de vue. C’est là que devait naître ma fille Guénola; c’est également grâce à ce pèlerinage aux source d’un mythe «plein de fureur et de bruit raconté par un idiot et qui ne veut rien dire» que j’ai appris à photographier comme je l’aimais jusque là sans le savoir, à travers le style d’un romancier qui écrit comme il voit d’une façon ininterrompue, en désordre, sans suite apparente, sans logique rassurante, sans retombées séduisantes mais où seule surnage l’insuffisance de la prise, mais jamais son insignifiance.


Alain Desvergnes





WEEGEE the Famous



"La Photographie Noire"


en partenariat avec Quais du Polar


Dans le cadre du festival Quai du Polar 2014, le Bleu du Ciel s’associe à l’événement pour présenter le dénommé fameux et célèbre Weegee dans son exposition intitulée «La photographie noire».


Pour la première fois sur Lyon des photographies du «fameux» photographe seront présentées. Ses travaux, entièrement en Noir et blanc, se focalisent sur la vie nocturne de la ville de New York et nous conduisent vers une succession d’incidents sordides ou tragiques.
Pour l’artiste, son approche photographique consiste à «Montrer combien, dans une ville de dix millions d’habitants, les gens vivent en complète solitude».



L’Ukrainien Usher Fellig émigre avec ses parents aux Etats-Unis à l’âge de 11 ans, fuyant la montée de l’antisémitisme. Un déclic lui vient lorsqu’on le prend en photo dans la rue : il sera photographe. Il travaille plusieurs années chez ACME Newspictures puis devient indépendant. Il hérite alors de son surnom : Weegee serait une référence au jeu spirituel Ouija, qui consiste à communiquer avec les esprits. Donnant l’impression de savoir à l’avance où et quand les événements intéressants allaient se dérouler, il avait en fait dans sa voiture une radio branchée sur les fréquences de la police.
Pénétrez le New york méconnu des années 20, à travers l’objectif de Weegee, dont le flash crépitant a pu capter plus d’une scène de crime. Catastrophes, incendies, règlements de compte mafieux, milieu de la prostitution et des freaks de la nuit, jet-set débauchée ou pincée font l’objet de son œuvre.