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le Bleu du ciel — Centre de photographie contemporaine

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Centre
de
photographie
contemporaine









Exposition du 11 septembre au 22 octobre 2011

Marco Delogu : "Due migrazione"


Dans le cadre de Lyon Septembre de la Photographie 2011 "italie’ dopo la dolce vita"



(Voir la fiche de Marco Delogu)



En 1994 Marco Delogu se rend dans la région de l’Agro Pontino pour y photographier des agriculteurs. Il y retourne treize années après et retrouve trois personnes qu’il avait déjà photographiées; dont Bruno qui a perdu un oeil après une intervention de la cataracte. Le temps semble ne pas s’être écouler et il retrouve même sa façon de photographier d’alors. Il parle avec lui de son histoire et de ses ancêtres , de cette terre où son père était venu s’installer en 1933. Il en croise d’autres avec qui il établit le même dialogue. Marco Delogu s’était rendu pour quelques jours dans ce second voyage et sans préméditation , voici qu’il y restera plus d’un mois.

L’intérêt que porte Marco Delogu à ces paysans est lié à son histoire personnelle : son grand père était agriculteur, et son père médecin avait travaillé sur l’épidémie de Malaria. C’est donc en quête de son identité familiale qu'il était revenu fouler cette terre d’Agro Pontino. Ses ancêtres étaient des bergers Sardes, émigrés en Italie dans les années cinquante et c’est cette “ première migration” qui était devenue le sujet de ce travail; suivi par l’étude d’une seconde migration dans les années 2000 avec des travailleurs venus de l’est: après la guerre des Balkans : roumains, albanais, kosovars , montenegrins, et macédoniens, suivis enfin d’ une émigration temporaire d’Australiens et de néo-zélandais, venus pour se perfectionner dans l’élevage.



"En 1994, je suis parti photographier les protagonistes du drainage de L’Agro Pontino.
Je voulais entrer en contact avec ces gens au centre de ce projet du 1900, une sorte d’étrange Far West italien.

Ces petits voyages dans l’Agro Pontino et les rencontres avec ces personnes qui, originaires du Nord Est Italien, avaient parcouru l'Italie en train jusqu’au sud de la Capitale pour être transportées sur les plus de 3000 terrains sujet au drainage, m’ont touché profondément et me sont restes dedans.

Depuis plusieurs années la grande paroi blanche au dessus de mon bureau est tapissée avec ces 12 portraits de l’année 1994, d’hommes et femmes auxquels, au fil des années successives, j’ai rendu visite. J’étais et le suis encore profondément intéressé par leurs histoires fortes et authentiques.

J’ai souvent médité de retourner dans la région de l’Agro Pontino et de visiter aussi la région du Triveneto pour rencontrer ceux qui avaient décidé de rentrer chez eux une fois le drainage accompli. Je ne le fait qu’en 2007 et je retrouve 3 des 12 sujets de ’94: Libero et Bruno Stefani avec Santa Zago, femme de Bruno.Pour Libero, le temps semble s’être arête. Dans mes archives j’ai retrouve et imprime une photo très semblable a celle que je viens de produire. Bruno a perdu un œil à la suite d’une opération de cataracte qui a mal tourne.
Ils habitent Borgo Montello, toujours dans la meme exploitation qui appartenait à leur père depuis 1933. Pendant cette dernière rencontre, ils m’ont raconte une histoire que je ne connaissais pas et qui concernait les dernières arrivées pour le drainage: 67 nouvelles exploitations construites à la fin des années 30 sur la commune de Ardea censées accueillir autant de familles d’Italiens originaires de la province de Trento rapatries d’Hongrie, lieu ou elles étaient arrivées au début du 20ème siècle.
Cette histoire m’a immédiatement fait penser a une autre rencontre et histoire : celle des frères Fantinati, arrives a Borgo Vodice de Roumanie ou ils avaient émigré en 1870.

Vieux Italiens. Ils racontent des histoires de travail dur, de guerre et de mort.

Dina Ada Facco est arrivée avec sa famille en 1931. Son père, un ouvrier qui devait aider à construire les premières routes pour le centre d’Aéronautique Militaire. Sa mère travaillait à la cantine. Ils n’étaient pas des colons, mais des ouvriers et faisaient partie de la première migration du Nord de l’Italie censée realiser les infrastructures nécessaires pour le développement du pays. Le père comprenait un peu l’allemand, ce qui permit de sauver toute la famille quand ils furent mis sur un train destination camp de concentration. Il comprit le lieu de destination et arriva a faire sauter toute la famille du train en course.

Dina Ada fut envoyée a Rome et après 9 jours de marche, elle rejoigna Padoue a pied, sans souliers, en suivant la voie ferrée. En fin de guerre elle sut de la mort de ses parents et des 3 frères décédés pendant qu’ils étaient en train de récolter le foin a cause d’une mine. A son retour à Borgo Grappa, elle se maria avec Mariano Severin.

Armida Mattia se rappelle de son enfance a Mel, dans la province de Belluno, quand elle était prise dans les bras de Angelo Sbardellotto, un anarchique ami de famille qui après plusieurs années d’émigration en France, le 4 Juin 1932 fut trouve a Piazza Venezia avec 2 grenades et un pistolet. Il fut fusille peu de jours après, juge par le secrétaire politique de son pays d’origine, le fédéral Pace.

Armida, qui était encore une enfant rencontra sur la place centrale de Borgo Vodice le Duce qui lui demanda d’ou elle venait. A sa réponse “De Mel” elle remarqua une expression déçue du gerarche.

En dehors de ces migrations, la région de la Pontina a reçu le premier champs de refugies Istriens après la 2ème guerre mondiale, la migration d’environ 300 hommes depuis Pantelleria dans les années ’60, plusieurs mouvements migratoires du Sud de l’Italie au cours des années et dernièrement des flux migratoire provenant de l’Est Européen mais surtout d’Inde avec une prévalence de sikh du Punjabi qui travaillent dans les serres en supportant les hautes températures et le taux élevé de’ humidité.

Ces Indiens, presque tous clandestins arrives après des longs et difficiles voyages, ne peuvent pas rentre chez eux. Meme s’ils sont une partie intégrante de l’économie de la région, ils ne sont pas reconnus légalement.

Bien que je suis revenu que pour quelques jours, je décidé de passer une partie des mois qui suivent ici, pour prendre des nouvelles photos mais surtout recueillir des nouvelles histoires.
Les histoires que je choisi m’intéressent car liées a mon passe, mon histoire, ma vie. Mon grand père paternel était agriculteur, mon père médecin specialise dans l’étude de la malaria. L’Agro Pontino, la campagne et l’agriculture ont de l’intérêt pour moi pour différentes raisons, ainsi que l’identité personnelle et de ce groupe de personnes qui n’habitent pas dans leur lieu d’origine.

Depuis plus de 10 ans je passe une grande partie de mon temps en Maremma (Toscane). Les origines de ma famille sont Sarde et je suis la première génération née et vécue sur le « continent «. C’était donc inévitable que je me passionne a une autre migration : celle des bergers sardes qui a partir des années ’50 arrivèrent en Maremma, laissant l’ile pour une terre qui permettait des pâturages meilleurs, bien connectée par la mer, et surtout un terre avec une très basse densité humaine similaire a celle de la Sardaigne,
Cette migration concerne quelques centaines de personnes, peut être un millier. Ces gens ont porte avec eux une grande partie de la culture sarde ainsi que leur grande habilite pour l’élevage des brebis.
Beaucoup de ces familles restent encore complètement sarde, rares sont les mariages avec des femmes « maremmane » et encore beaucoup de berger passent leur vie tous seuls.
Giovanni Marrone travaille en Maremma depuis longtemps et habite tout seul dans une petite maison en fer bâti en proximité de la bergerie. Il vit pratiquement aux limites d’une grande centrale électrique alors qu’il n’a pas accès à l’eau courante ni électricité. Il ne va jamais au village, il se promene en long et en large sur ses terrains avec ses chiens, il trait ses betes a l’aube et au coucher du soleil. Une de mes amies qui avait envie de le photographier est allée le voir et quelques minutes après leur rencontre, Giovanni lui a demande : « mademoiselle pourrions nous devenir amis ? »

Antonio Cuguttu travaille depuis plus de 50 ans, dont les dernières 40 sur le continent. Il rentre rarement en Sardaigne, dort dans une petite ferme juste devant la bergerie et raconte du temps ou il allait avec les « ragazzi » au night club a Viterbo d’ou parfois ils rentraient chez eux en ambulance pour avoir trop bu. Aujourd’hui il n’y va plus, il dit « je déteste la confusion »
Raffaele Gungui a été pendant 8 ans au cotes de Marcello Mastroianni: ils voyageaient autour du monde et Raffaele s’occupait de résoudre les problèmes pratiques. Depuis plus de 20 ans il est revenu à ses brebis. Pour lui, dit-il, il s’agit d’un choix naturel.
Giovanni Antonio Sola se rappelé de quand lui et son frère trayaient encore a la main. Le temps passait lentement et ca discutait en profondeur sur la nature, le sens de la vie. « Le troupeau c’est comme la famille : il faut bien savoir l’élever sinon tout se termine. » A la mort de son frère il a appris à tondre les brebis sans les ligoter comme font le néozélandais. “J’étais reste seul, j’ai du apprendre. »

Tous les trois travaillaient ensemble sur un terrain qui confinait avec le parc archéologique de Vulci. Ils sont nés en Sardaigne mais vivent en Maremma depuis longtemps.

Aujourd’hui, les nouvelles générations rarement veulent suivre et reprendre le métier de leurs parents. Ce dernier élément associe avec l’ouverture des frontières avec l’Est et la « crise de Balkans » a fait naitre une nouvelle migration de bergers, et aux bergers sardes toujours plus se joignent des Roumains, des Albanais, des Macédoniens, des Kosovares et des Monténégrins : hommes souvent seul ou rarement accompagnes par femmes et enfants, qui considèrent cette migration temporaire, en espérant retourner dans leur pays rapidement. Aux bergers de l’Est s’ajoute une autre migration temporaire au milieu du printemps pendant 2/3 mois : celle des jeunes bergers australiens ou néozélandais qui arrivent pour la tonte des brebis, une spécialité qui accélère les temps de l’opération et transforme un vieux rite en une étrange journée a l’enseigne de la bière Sarde et la musique rock."

Marco Delogu



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© Marco Delogu

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